L’ensemble de la communauté médicale, paramédicale et administrative du CHU de Besançon est anéantie par la disparition tragique de Pierre Olivier Dénué, Benjamin Ramus, et les deux pilotes, partis pour un prélèvement hépatique dans la nuit de mercredi à jeudi.
En tant que chef du service d’hépatologie, je n’oublie pas qu’ils ont péri en mission, pour permettre la transplantation hépatique d’un de nos malades, et je m’associe de tout coeur avec la réaction du Pr Mantion, qui considère cette perte "insupportable", et le prix "trop cher payé".
En tant que médecin, je peux témoigner de la grande valeur de ces deux chirurgiens. Pierre Olivier terminait son clinicat dans le service de chirurgie viscérale. Il partait effectuer probablement le dernier prélèvement de sa carrière, après 8 heures de bloc non-stop. Il s’agissait d’un excellent chirurgien, d’humeur égale et toujours disponible. Benjamin était en 1er semestre, débordant d’énergie et de soif d’apprendre. Il était omniprésent, ne comptait pas ses heures, et pétillait d’intelligence. Nous lui avions tous reconnu un très grand potentiel. Il était parti faire son premier prélèvement, comme une récompense.
Chacun à son niveau incarnait toute la noblesse et toute la valeur du métier de chirurgien. J’insiste pour souligner que nous n’avons pas simplement perdu deux icônes sur l’autel du dévouement mais ce sont deux cerveaux et quatres mains de toute première valeur que notre région, et notre nation ont perdu. Une perte inestimable. Qui ne doit pas se reproduire.
En tant qu’homme, je suis déchiré par la perte d’un ami et d’un confident, qui laisse une veuve artiste peintre et trois enfants en bas age. Je me dis que c’est cruel, injuste, irréparable... et je ne comprends pas que cela soit possible. "
Professeur Vincent Di Martino
Chef du service d’hépatologie
CHU de Besançon
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